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  • Thomas Lesourd

Des kinos et des crocos !


Clap de fin pour, la deuxième édition du Kino Diego, qui change de nom au passage pour Kino Antsiranana, véritable nom de cette ville dont Diego Suarez n'est qu'un sobriquet pour les Vazaha (étrangers) hérité de la colonisation, toujours en usage pour des raisons pratiques. Comprendre : pour ne pas que le touriste en vadrouille se sente trop perdu. Les discussions de la première réunion avec ma petite troupe (une dizaine) de Kinoïtes vidéastes, dessinateurs, slameurs, photographes, furent révélatrices de la passion de la jeunesse "Diegolaise" pour la création comme vecteur d'une réaffirmation culturelle et sociale. Docus sur comment améliorer le paysage urbain et les personnages atypiques de la ville, relecture d'un conte ancestral, slam ravageur, comédie rentre-dedans sur le business du sexe et le rapport à l'homosexualité ... Tous les films ne furent pas finis à temps (deux jours et demie de production contre dix jours d'atelier à Antananarivo) et l'un d'entre eux copié sur l'ordi de projection en direct pendant la soirée ... L'esprit du Kino était plus vivace que jamais, le plus bel exemple étant que les deux films retardataires sur les huit prévus l'ont été parce que leurs réalisateurs ont préféré aider les films des camarades au lieu de bosser dans leur coin. Et pas d'inquiétude, ces films seront finis plus tard, et ces trois jours de création folle pensés comme un pied à l'étrier sont avant tout un atelier de "sortage des doigts du cul" pour les passionnés d'images qui bougent. Avec la ferme intention de continuer à bosser ensemble le reste de l'année. La projection d'hier, pour laquelle des représentants de l'ambassade (laquelle ? de France ?)de France, de l'association Ariart et de l'institut Français ont parcouru les plus de 1000 km qui séparent Tana, fut un succès indiscutable au vu des cris, rires et applaudissements d'une salle surchauffée.

Histoire de vous faire partager au moins un film en plus de mes diatribes habituelles, voilà un de ces Kinos, bricolé collectivement sous l'impulsion des illustrateurs Mozeration et Steve Hen King, d'après une légende bien connue à Madagascar, avec votre serviteur dans le rôle du français qui comprend la moitié des trucs. Un film qu'on rebossera un peu, au moins le temps d'y mettre une musique originale et de ne pas voler sauvagement l'OST d' Hyperlight Drifter.

Les Kinos n'étaient pas les seuls films projetés, puisqu'une sélection des films en compétition suivait la présentation de nos travaux, accompagnés d'un appel aux votes pour le prix du public (annoncé en juin prochain) qui se verra offrir un voyage à Trouville pour participer au festival Off-Courts qui parrainait l'évènement aux côtés des RFC, de Rozy Films, de l'Institut Français. Le remerciement le plus fort se doit d'aller vers Olivia Morel de l'Alliance Française, qui a immédiatement répondu oui à ma proposition de reconduire ce Kino qui n'était censé être qu'un one-shot l'année dernière. En priant (et bossant) pour que l'initiative continue et grandisse avec les années suivantes, et ce même sans la venue d'un grand-blanc pour relancer la machine, les membres de cet atelier ayant prouvé qu'ils étaient largement capables de s'organiser seuls pour porter la devise chère à nos coeurs : "Faire bien avec rien, mieux avec peu, mais le faire maintenant ... Et ENSEMBLE. C'est maintenant l'heure pour moi de jouer au tetris avec mes bagages pour un retour à Tana demain matin, et un retour en France lundi prochain. Retour qui sera loin d'être de tout repos puisque mon programme est déjà bien chargé, mais ça, c'est une autre histoire ;)


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